Le Canada n’est pas l’eldorado qu’on imagine (partie 1/2)

Rester à l’étranger ou Rentrer dans son pays d’origine?

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Quels éléments peuvent peser dans la balance? Comment se passe l’après-décision?

Voici le témoignage d’une personne qui a choisi de quitter la France pour le Canada.

– Genre : Féminin

– Nationalité : Burkinabé

– Âge en 2013 : 27 ans

– Année d’arrivée en France : 2003

– Année départ de France : 2012

– Pourquoi êtes-vous venu en France ?

Pour poursuivre mes études supérieures après l’obtention de mon baccalauréat.

– Quelle filière avez-vous suivi et quels diplômes avez-vous obtenu?

Je me suis inscrite en comptabilité dans le but de devenir expert comptable.

J’ai obtenu un Master CCA (Contrôle-Comptabilité-Audit) ainsi que le DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion).

– Qu’avez-vous choisi de faire après vos études : rester ou quitter la France ? Pourquoi ?

A la fin de mes études, j’ai choisi de quitter la France pour le Canada, plus précisément la province du Québec.

J’ai fait ce choix parce qu’en France, j’ai rencontré des difficultés à changer de statut, j’avais donc peu voire pas de possibilités de poursuivre mon projet professionnel.

Explication sur le « changement de statut » en France :
En France, un étudiant étranger peut, sans autorisation, exercer une activité salariée durant ses études en France ; mais sa durée de travail ne doit pas excéder 60% du temps plein légal. Cette limitation représente déjà un point faible pour eux sur le marché du travail.
Pour pouvoir occuper un poste à temps plein durant toute l’année, il leur faut déposer auprès de la préfecture de police, un dossier de demande de changement de statut afin de passer du statut d' »étudiant étranger » au statut de « salarié étranger ». Cette procédure est lente (durée moyenne = 1 an) et très contraignante pour les recruteurs, ce qui les rebutent beaucoup à embaucher des étudiants étrangers.
 

– Êtes-vous satisfait de votre choix d’aller vivre au Canada ?

Oui d’une part, parce que j’avance enfin dans mon parcours et mon expérience professionnels. Et non d’autre part, car en dehors de l’aspect professionnel, le Canada n’est pas toujours l‘eldorado qu’on pourrait imaginer.

– Pourriez-vous nous détailler les avantages du Canada ?

Je trouve que les habitants sont plus ouverts, qu’il y a moins d’idées reçues sur les étrangers (dans les grandes villes surtout) et beaucoup plus de chance d’évoluer professionnellement.

– Avez-vous rencontré des difficultés au Canada? Si oui, lesquelles?

Les difficultés concernent principalement la reconnaissance des diplômes et de l’expérience professionnelle acquis hors du Canada. En effet, la majorité des employeurs d’ici exigent une expérience canadienne même.

Une autre difficulté a été les différences entre le Canada et les pays  j’ai connu avant, notamment au niveau des systèmes éducatif et de santé ainsi qu’au niveau des habitudes alimentaires et culturelles. Mais sur ce point, je pense qu’il s’agit simplement d’une période d’adaptation à passer… on s’adapte toujours.

– Y avez-vous trouvé du travail? Correspond-t-il à votre formation? Avez-vous du faire des concessions pour obtenir ce travail ?

Oui, j’ai eu la chance de trouver un emploi dans mon domaine de formation.

Cependant, ce poste est moins qualifié par rapport à mon niveau d’expérience et mes responsabilités restent limitées. J’ai néanmoins choisi de l’occuper afin d’avoir justement des références professionnelles canadiennes. Cela me permettra de contrer l’argument du manque d’expérience au Canada.

En parallèle, je garde l’oeil ouvert sur d’autres opportunités en continuant activement à postuler à des emplois correspondants à mon niveau réel d’expérience.

– Combien de temps vous a pris votre recherche ?

En France, j’ai eu plusieurs expériences professionnelles (stages puis emploi) dans mon domaine de formation.

Au Canada, j’ai d’abord passé 1 an sans emploi fixe, puis j’ai commencé à travailler. Mais après bientôt deux ans sur place, je continue de chercher un emploi plus reconnaissant.

– Pensez-vous que vous auriez mieux ou moins réussi si vous étiez resté dans votre pays d’origine? Pourquoi?

Difficile à dire…  je dirais que j’aurais moins réussi si j’avais été dans le même domaine.

– Avec le recul : comptez-vous envoyer vos enfants à l’étranger ?

Certainement si les moyens me le permettent. Je n’exclus pas les pays africains. A mon avis, c’est important d’aller voir ce qui se passe ailleurs, cela permet d’avoir une plus grande ouverture d’esprit.

– Quels conseils donneriez vous à quelqu’un qui compte aller étudier ou chercher un emploi en France?

S’armer de patience, de courage, toujours garder ses objectifs en tête et ne pas faire le choix de la facilité.

– Citez-moi 1 chose (événements, comportements, personnes ou autres) qui vous ont le plus marqué dans votre vie en France :

* Négativement : Réaliser à quel point l’Homme de peau noire doit faire  ses preuves deux fois plus que les autres pour pouvoir avancer et se réaliser.

* Positivement  : Difficile à dire… je dirais l’opportunité de rencontrer des personnes humaines, généreuses, fortes malgré toutes leurs difficultés, et qui par leur détermination et leur présence m’ont permis d’avancer sans baisser les bras.

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