FRANCE : Bien mûrir son projet professionnel avant de choisir sa formation

Rester à l’étranger ou Rentrer dans son pays d’origine?

black-business-lady

Le choix n’est pas si évident, surtout lorsqu’on s’est  enraciné dans le pays d’accueil. Plus le temps passe, plus l’on peut s’éloigner de l’idée de rentrer. Le cours de la vie reprend ailleurs, entre temps, la terre natale évolue.

Quels éléments peuvent peser dans la balance? Comment se passe l’après-décision?

Voici le témoignage d’une personne qui a choisi de rester vivre en France.

– Genre : Femme

– Nationalité : Congolaise (République Démocratique du Congo)

– Âge en 2013 : 29 ans

– Année d’arrivée en France : 2002

– Pourquoi êtes-vous venu en France : Pour mes études. Il s’agit à la fois d’un hasard et d’une volonté partagée par mes parents et moi.

– Quelles filières avez-vous suivi ?

D’abord des études de Médecine, puis de Langues étrangères et commerce International puis de Tourisme.

– Quels diplômes avez-vous obtenu?

* Licence et Master en LEA (langues étrangères appliquées) et en Commerce international

* Licence Professionnelle en tourisme

– Quel était votre projet initial de formation à votre arrivée en France? Pourquoi avoir autant changé de cursus ?

Mon projet initial était de faire des études de médecine et me spécialiser en pédiatrie. Je n’ai pas continué en médecine car j’ai raté deux fois le concours d’admission en 2ème année. Je ne souhaitais donc plus poursuivre dans le domaine médical et des sciences de manière générale.

Depuis le lycée, j’étais intéressée par les langues et je souhaitais déjà en cas de carrière médicale, ne pas laisser cela de côté. Aimant aussi les voyages, je me suis dit que la filière LEA – Commerce International serait par conséquent un bon compromis.

Bien entendu, avant de me décider, j’ai mûrement réfléchi mon choix en identifiant bien les secteurs d’activité dans ce domaine, en m’assurant que les débouchées / métiers pourraient correspondre à ma personnalité, mes aptitudes, mes centres d’intérêt sans oublier mes priorités dans la vie de façon générale.

Quant à ma formation en Tourisme, la démarche est un peu différente. En effet, la fin de ma formation en commerce international a coïncidé avec la crise économique, rendant plus difficile ma recherche d’emploi. Après réflexion, je me suis dit que le tourisme, domaine connexe à celui des langues et du commerce, domaine offrant diverses opportunités susceptibles de me satisfaire, pourrait être un bon débouché, au moins à court et moyen terme. La décision de refaire une formation complémentaire en tourisme s’est par la suite imposée à moi car c’est un secteur plutôt fermé pour ceux qui n’ont aucune expérience et/ou formation préalable, d’après ce dont j’ai pu personnellement faire l’expérience.

– Avez-vous terminé vos études ou les poursuivez-vous encore ?

Je les ai (définitivement) terminé.

– Qu’avez-vous choisi de faire après vos études : rester en France ou rentrer dans votre pays d’origine ? Pourquoi ?

A la fin de mes études, j’ai choisi de rester en France pour tenter ma chance quant aux opportunités professionnelles.

– Êtes-vous satisfait de votre choix?
 

Difficile d’y répondre car beaucoup de paramètres entrent en jeu dans la mesure où le choix de rester s’est en fait un peu imposé au vu de divers évènements de nature personnelle.

– Quelles difficultés avez-vous rencontré pour rester vivre en France ?

Les mêmes tracas que de nombreux immigrants étudiants ou non (notamment renouvellement de titre de séjour, obtention de l’autorisation de travail en tant que salarié… etc.).

– Y avez-vous trouvé du travail?

Je suis toujours à la recherche d’emploi.

– Pensez-vous que vous auriez mieux ou moins réussi si vous étiez resté dans votre pays d’origine? Pourquoi?

Non. Venir en France m’a offert beaucoup d’opportunités d’apprentissage et de découvertes qui auraient été sans doute très difficiles à avoir si j’avais opté pour rester dans mon pays d’origine.

Comme exemple d’opportunités, il y’a le fait d’avoir facilement accès à de nombreuses ressources d’apprentissage et de savoir dans le cadre de ses études ou de façon autonome. Ou encore le fait d’avoir plus facilement la possibilité de rencontrer beaucoup de gens d’horizons divers et découvrir d’autres pays avec des cultures qui sont parfois très éloignées de la nôtre. Ce qui permet également dans un sens, de se libérer de certaines idées reçues sur l’Occident qui sont très propagés en Afrique.

– Avec le recul : comptez-vous envoyer vos enfants à l’étranger ?

Oui.

– Qu’est-ce qui aujourd’hui, vous motiverait à rentrer vivre dans votre pays d’origine? 

La possibilité de pouvoir trouver un travail assorties de conditions de vie qui me conviendraient.

– Prévoyez-vous de rentrer dans votre pays d’origine un jour?

Sauf circonstances particulières, pas dans l’immédiat en tout cas.

– Quels conseils donneriez vous à quelqu’un qui compte aller étudier ou chercher un emploi en France?

1/ Venir avec des objectifs et surtout, ne pas se laisser détourner de ceux-ci par des fréquentations inadaptées ;

2/ Garder en tête que l’Europe et l’Occident en général ne sont nullement des paradis et que certains aspects de la vie sont bien plus difficiles qu’en Afrique et ce, malgré l’allure de société « d’abondance » et « avancée » :

** Individualisme exacerbé ;

** Actuellement, on travaille non plus pour vivre mais plutôt l’inverse à cause des impôts, taxes et factures en tous genres ;

** Ici rien n’est réellement gratuit, tout se paye d’une manière ou d’une autre même quand officiellement il est dit que c’est gratuit, etc.

3/ Eviter de suivre les gens qui viennent juste pour profiter du système autrement dit « vivre la vie » car malheureusement cela implique parfois de basculer dans l’illégalité, à vos risques et périls.

– Citez-moi les principales choses (événements, comportements, personnes ou autres) qui vous ont le plus marqué dans votre vie en France :

** Positivement :

Les diverses rencontres lors des études ou en dehors de celles-ci.

Par rapport au modèle sur lequel les choses sont bâties ici et en Afrique de manière générale, la possibilité d’avoir accès à de bons services de base PUBLICS (santé et éducation essentiellement), et ce sans que le critère financier ne soit forcément un critère lourdement handicapant comme cela peut l’être encore trop fréquemment chez nous.

** Négativement :

L’esprit étriqué d’un certain nombre de personnes dont des soit-disant « intellectuels » ainsi que les tracasseries incessantes de la préfecture.

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