YEHNI DJIDJI : Bloggeuse, chroniqueuse, écrivaine et fondatrice de Livresque

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a première fois que j’ai entendu parler d’elle, c’était sur Facebook. J’étais tombée sur un de ses articles à la lecture duquel, j’avais été très agréablement surprise. Son style d’écriture, je le résumerais en 5 mots : intelligent, critique, cash, drôle et (surtout) simple (sans les fioritures et autres gros vocabulaires habituels des écrivains Africains, qui donnent l’impression que l’auteur veut prouver qu’il a fait une thèse en littérature française du 15ème siècle).

Ce jour-là, sur son blog, un autre point m’avait encore plus interpellé. En effet, dans la partie description que l’auteur doit donner de lui-même, elle y avait écrit :

« Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, auteur-compositeur, interprète et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir ».

Compte tenu de son jeune âge, j’avais trouvé cette description un peu « too much », à la limite de l’utopie. Et pourtant, avec le temps, je l’ai vu évoluer et oui, je confirme, elle est bien tout cela, et heureusement pour l’image et l’avenir de l’Afrique, elle ne compte pas s’arrêter là !

yehni djidji

– Une Africaine A Paris : Bonjour Yehni Djidji. Je suis vraiment ravie que vous ayez accepté cette interview.

– Yehni Djidji : Tout le plaisir est pour moi.

– Une Africaine A Paris : Avant d’entrer dans les détails et pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, je voudrais présenter brièvement « Qui est Yehni Djidji ».

Jeune femme Ivoirienne de 27 ans, vous êtes :

  • Blogueuse sur « Le blog de Yehni Djidji » (yehnidjidji.com) que vous avez créé en 2008 et qui vous a valu le titre de la meilleure bloggeuse de Côte d’ivoire en 2011 ;
  • Chroniqueuse à titre ponctuel pour des sites web tels que « Wazaonline.com » ou des journaux tels que « l’intelligent d’Abidjan »;
  • Fondatrice et gestionnaire du site web « 225nouvelles.com », spécialisé dans la promotion de la fiction ivoirienne, sur lequel des écrivains amateurs ou professionnels peuvent publier gratuitement des nouvelles et autres écrits, et ainsi obtenir une certaine visibilité/reconnaissance/publicité auprès des internautes de Côte d’ivoire et du monde entier ;
  • Fondatrice et animatrice de « Livresque », une rencontre bimensuelle autour de la littérature, ouverte à tous et au cours de laquelle chaque participant apporte un livre qu’il présente aux autres sans mentionner ni le titre ni le nom de l’auteur de l’œuvre, puis qu’il échangera contre un autre à la fin de la rencontre ;
  • Ecrivaine, auteure de plus de 4 livres et/ou nouvelles à ce jour, dont la nouvelle « Les enfants-pierres » qui vous a valu la médaille de bronze de la catégorie concours littéraires aux 7èmes jeux de la francophonie en 2013 ;
  • A titre ponctuel « model » si je puis dire, puisque vous avez posé pour la couverture de l’un de vos romans, mais également à votre propre initiative pour la fête des mères, et plus particulièrement celles qui subissent des violences ;
  • Depuis peu, et à votre propre compte : Chargée de l’édition et de la distribution de vos propres livres, avec en ligne de mire, la création de votre propre maison d’édition.

Ai-je bien tout résumé? Comment cette success story a-t-elle débuté ? Quel a été l’événement déclencheur?

– Yehni Djidji : Vous vous êtes bien renseigné en tout cas. Il manque uniquement ma casquette de scénariste mais je vous le concède puisque j’ai un seul scénario réalisé à mon actif. Il s’agit de « 5 boîtes de lait » un court métrage présenté à la dernière édition du Fespaco.

Je pense cependant être bien loin de la Success Story. Je crois qu’entre la lecture et l’écriture il n’y a qu’un pas que j’ai franchi allègrement assez jeune. Depuis toutes mes actions tournent autour de cette passion et les opportunités arrivent les unes après autres comme pour reconstituer un grand puzzle. Je crois sincèrement qu’il s’agit d’une grâce Divine car je connais des personnes qui écrivent bien mieux que moi, qui sont encore plus passionnées mais qui n’ont pas le même écho. Les relations jouent beaucoup également et grâce à mon sacre de meilleure blogueuse de Côte d’Ivoire en 2011, les portes d’un nouveau monde se sont ouvertes pour moi.

Ci-dessous, la bande annonce du film « 5 boites de lait réalisé par la jeune réalisatrice Siam Marley

– Une Africaine A Paris : Je reviens encore sur la description que vous donner de vous-même sur votre blog : « Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, auteur-compositeur, interprète et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir ».

De cette description, tout comme des projets ambitieux que vous avez entrepris jusqu’à maintenant, se dégagent beaucoup d’assurance, de dynamisme et une grande soif de réussir. Qu’est-ce qui vous donne autant d’assurance et de motivation ?

– Yehni Djidji : Ce qui me motive c’est la brièveté de la vie. Elle est trop courte pour la remplir de regrets et de symphonies inachevées. Pendant longtemps, la peur de l’échec m’a empêché de réaliser certains projets. Aujourd’hui quand j’ai une idée je cherche les ressources pour la lancer, même si c’est une version minimaliste, et advienne que pourra. Je vois plutôt l’échec comme une étape qui permet de peaufiner les projets. En étant obliger de résoudre un problème et de trouver des solutions alternatives, le projet initialement plat s’enrichit, gagne en profondeur et a plus de chance d’être pérenne.

Ce qui me motive, c’est Dieu. J’estime qu’il a mis en moi quelque chose qu’il veut offrir au monde et que personne d’autres ne peut faire à ma place. Je dois mettre les mains à la pâte. Je dois jouer ma partition. Je crois aussi qu’il y a des plaisirs et des opportunités qui sont disponibles uniquement sur terre. Ce n’est pas au paradis ou en enfer que j’aurai l’opportunité de devenir Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire ou Prix Nobel de Littérature. C’est ici. Et c’est ici que je dois travailler pour ça.

Ce qui me motive c’est ma famille. Je veux que mon mari sache qu’il a fait le bon choix, que mes enfants soient fiers d’avoir mon sang et que mes parents réalisent qu’ils ont eu raison d’investir dans mon éducation.

Par contre, pour ce qui est de l’assurance, j’en manque énormément. Je sais que j’ai du talent mais je ne sais pas à quel point. Je suis toujours entrain de remettre mes compétences en question. J’ai toujours l’impression que les autres font mieux. Ce n’est pas de la fausse modestie mais ce sera à mon sens une des clés de ma Success Story puisqu’elle reste à écrire et que cette incertitude m’oblige à travailler constamment.

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– Une Africaine A Paris : J’ai une question qui pourrait surprendre mais qui vaut la peine d’être posée : est-ce que les Africains aiment lire ?

– Yehni Djidji : Question surprenante effectivement car je ne pense avoir encore atteint le stade où je pourrais parler au nom de tous les africains. Je ne dispose pas non plus de statistiques pour étayer mes dires de façon pertinente. Cependant d’une manière extrêmement subjective je pense que certaines parties de l’Afrique ont des problèmes qui les empêchent de faire de la lecture une priorité. Allez-y demander à quelqu’un qui n’a pas mangé depuis deux jours ou qui entend les tirs d’obus sur sa tête, ou qui est tout simplement analphabète de lire un livre !

– Une Africaine A Paris : J’ai été surprise d’apprendre que votre vrai nom n’était pas « Yehni Djidji » mais «Fonou N’Guessan Rosine KAKOU», épouse «Ano». Pourquoi avoir choisi un pseudonyme, et pourquoi celui-ci en particulier ?

– Yehni Djidji : Le choix d’un pseudonyme pour écrire est porté par plusieurs raisons. D’abord j’avais depuis longtemps envie de me forger un nom de toutes pièces parce que je n’étais pas vraiment satisfaite de ceux que mes parents m’avaient donné. (Rires). Ensuite, vu les sujets sensibles que je souhaitais aborder sur le blog, j’ai trouvé qu’une couche d’anonymat n’était pas superflue. Enfin, je crois aussi avec du recul que ce pseudonyme est l’expression d’un gros dilemme intérieur : l’envie d’être célèbre sans toutefois perdre la possibilité d’avoir une vie privée.

Pour ce qui est de la création de ce nom en particulier, Yehni est un surnom que portent toutes les « Fonou » dans mon village. Djidji est le prénom de mon père. Il devait devenir le nom de famille de ses enfants mais il a préféré rompre avec l’usage et nous transmettre « Kakou », son propre nom de famille et prénom de son défunt père. Yehni Djidji c’est donc un peu un retour aux sources aussi.

Yehni posant pour sa campagne de lutte de contre les violences faites aux femmes dans le cadre de la fête des mères

Yehni posant pour sa campagne de lutte de contre les violences faites aux femmes dans le cadre de la fête des mères

– Une Africaine A Paris : Sur linkedin.com, vous indiquez être ingénieur en Marketing et Management. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours scolaire : dans quelles villes vous avez vécu et quelles écoles vous avez fréquenté ? Quel est votre avis sur le système éducatif en Côte d‘ivoire ?

– Yehni Djidji : J’ai étudié à Abidjan principalement dans la Commune de Cocody depuis la maternelle jusqu’au diplôme d’ingénieur, en passant par le Lycée Sainte Marie de Cocody et Groupe Ecole d’Ingénieur Agitel Formation.

Concernant le système éducatif ivoirien, j’en suis un pur produit. J’ai donc beaucoup de scrupules à dire qu’il n’est pas performant. Je crois avoir reçu une bonne éducation. Cependant je pense qu’il n’évolue pas forcément avec son temps et que notre système a du mal à s’adapter aux mutations de notre monde et aux besoins des Etats et des Hommes.

– Une Africaine A Paris : Depuis la fin de vos études et la création de votre blog en 2008, vous en avez fait du chemin ! Etant donné votre jeune âge, on pourrait penser que vous avez juste su saisir les opportunités qui se sont présentées à vous. Mais d’un autre côté, on dirait que c’est plutôt vous-même qui avez su créer, provoquer et aller au devant de vos opportunités, devenant ainsi l’instigatrice de votre propre réussite. Des deux thèses, laquelle serait la plus juste ?

– Yehni Djidji : Les deux thèses sont étroitement liées et pour moi choisir serait trahir la vérité. Etre jeune n’est pas toujours un atout quand on veut être pris au sérieux. J’ai donc dû prouver mes compétences. Mais d’autres opportunités sont vraiment venues comme du pain béni. Rien ne laissant présager que moi, plutôt qu’une autre, méritais de les obtenir.

– Une Africaine A Paris : Pour concourir aux 7èmes jeux de la francophonie en 2013, vous aviez présenté la nouvelle « Les enfants-pierres » relatant l’histoire d’une jeune femme pauvre qui, à la mort de son père, perd sa dignité en se prostituant pour gagner de l’argent. A ce propos, vous disiez lors d’une interview, et je cite « Il faut rester digne et œuvrer pour sortir de la pauvreté. »

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La pauvreté est en soi, un mal qui ronge les populations de nos pays, et qui en enfante d’autres, tels que les escroqueries sur internet ou « broutage », les enlèvements et meurtres, notamment d’enfants, pour réaliser des sacrifices mystiques sensés enrichir les coupables… et malheureusement, il s’agit d’un cercle vicieux où bon nombre des coupables, ont bien souvent été eux-mêmes les 1ères victimes.

Dans l’Afrique d’aujourd’hui, pensez-vous qu’il est possible de « réussir » si on n’a pas l’éducation ou l’encadrement adéquat ? Pensez-vous qu’il suffit seulement de vouloir pour pouvoir ? Si oui, comment, de quels moyens disposent ces personnes ?

– Yehni Djidji : Chacun définit la réussite de diverses façons et utilise donc une unité de mesure différente pour la jauger. Pour certains réussir, c’est avoir trois repas par jour, pour d’autres, c’est d’avoir un jet privé. D’autres encore font fi des biens matériels pour se focaliser sur le bonheur qu’ils peuvent apporter aux autres.

Ceci étant dit si on assimile la réussite à la richesse matérielle, l’éducation n’est pas le seul chemin pour y accéder. Il était supposé être, pas le chemin le plus court puisqu’on passe des années à étudier, mais le chemin le plus sûr. Malheureusement aujourd’hui le taux de chômage va grandissant et les diplômés en activité sont souvent sous-payés. La loi de l’offre et de la demande. Aujourd’hui il faut donc un sens aigu de l’entrepreneuriat pour réussir, avec ou sans éducation. Et on est souvent surpris de voir comment des personnes « analphabètes » ou « illétrées » prospèrent dans le monde des affaires grâce à leur bon sens, à leur instinct et à une prise de risque calculée.

Il est vrai que vouloir n’est pas toujours pouvoir. Mais la phrase simpliste tente de résumer un long processus. Vouloir, c’est forcément la première étape du possible et je crois que l’éducation est un atout mais ce n’est pas tout.

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– Une Africaine A Paris : A votre niveau, quels difficultés et obstacles avez-vous rencontrés au cours de votre parcours et comment avez-vous réussi à les dépasser pour atteindre ce niveau de réussite ?

– Yehni Djidji : Comme je l’ai mentionné plus tôt, l’âge était un obstacle mais mon travail a parlé pour moi. Il a d’ailleurs fini par devenir un atout vu que j’étais souvent mise en avant à cause de cela. Le fait d’être une femme, qui pouvait constituer un handicap, a été pour moi une source d’encouragement et de félicitations. J’étais souvent désignée comme porte-parole ou alors je recevais des prix spéciaux. J’ai aussi été confrontée à mes propres limites. Il est arrivé que j’aie une idée sans avoir la compétence pour la réaliser. Il a fallu nouer des partenariats. Enfin l’un des gros problèmes est le côté financier. Je mène mes activités sur fonds propres la plupart du temps et je m’adapte à mon budget.

11029489_866069893465815_6320796218715502419_n– Une Africaine A Paris : Aujourd’hui, pourriez-vous nous raconter une journée type ? quelles y sont vos principales activités concrètement ? Quelles sont vos conditions de travail? (disponibilité, horaires, inconvénients, avantages…) 

– Yehni Djidji : Je suis à mon propre compte depuis un mois. Je ne suis donc plus tenue par des horaires. Je suis aussi de moins en moins victime des embouteillages monstrueux qui font perdre énormément de temps aux abidjanais. Mon ordinateur et ma connexion suffisent pour que ma journée soit gagnée. Cependant j’ai pu noter que travailler à domicile a aussi ses inconvénients. Je suis souvent tentée de passer la journée au lit ou à jouer avec mon fils. Il est nécessaire de bien s’organiser. Il est aussi assez difficile de faire comprendre aux gens que ce n’est pas parce que je suis à la maison ou sur mon ordinateur avec mon compte Facebook ouvert que je suis entrain de m’amuser. Il faut vraiment poser des balises claires pour ne pas être dérangée à tout bout de champ.

– Une Africaine A Paris : Pourrions-nous avoir un ordre d’idées de vos revenus annuels ? (même une fourchette très large… 😉 )

– Yehni Djidji : Ni fourchette. Ni râteau. (Rires). Mes activités me permettent en tout cas de ne pas tendre la main et surtout d’être épanouie puisque je fais ce qui me plait.

– Une Africaine A Paris : Selon vous, comment se porte votre secteur de l’édition et du livre en Afrique ? Y’a t il beaucoup d’entreprises dans ce secteur et dans le pays où vous résidez ? Beaucoup de recrutement? l’environnement économique du secteur… ? A-t-il un avenir avec le développement d’internet et du tout numérique ? Comment pourrait-il évoluer ou perdurer ?

– Yehni Djidji : En Côte d’ivoire il y’a à ma connaissance une bonne dizaine de maisons d’édition. Si elles n’ont pas encore mis la clé sous le paillasson et si de nouvelles continuent de se créer c’est bien parce que l’activité est soit rentable soit tout le moins capable de supporter les charges. De plus, vu le taux de pénétration d’internet faible, le livre version papier a encore de beaux jours devant lui. Il reste toutefois à réfléchir sur les moyens de booster les ventes.

– Une Africaine A Paris : En 2012, votre 1er livre intitulé « une passion interrompue » a été publié. Les stocks du livre s’épuisent dès la 1ère année de sa sortie. Vous attendiez-vous à un tel succès ? De quoi parle ce livre ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ? En préparez-vous d’autres ? Et si oui, dans quel genre : livre à l’eau-de rose, thriller, aventure… ?

livre face

livre pile

– Yehni Djidji : 1000 Livres vendus est-ce vraiment un succès ? Voici, je pense, la première question à se poser… Pour «une passion interrompue » je ne m’attendais pas à grand-chose. Je l’ai écrit quand j’étais en classe de 4e et je tenais à ce qu’il soit mon premier livre publié, même si depuis lors mon style avait fortement évolué. Certains ont été surpris du style plutôt simple. D’autres ont adoré et espèrent même une suite. J’espère que le prochain, un recueil de nouvelles, sera meilleur et reflètera mieux mon niveau actuel.

– Une Africaine A Paris : A ce propos, est-ce la raison pour laquelle depuis peu, vous avez rompu votre contrat avec votre maison d’édition et repris à votre propre compte l’édition et la distribution de votre livre, relevant à nouveau un autre challenge? Comment cela se présente-t-il, le public est-il au rendez-vous ? Par quels canaux prévoyiez vous de le distribuer ?

– Yehni Djidji : La marge est un problème parmi beaucoup d’autres. Je n’aime pas trop m’attarder sur cette rupture parce que mon ancien éditeur m’a donné une opportunité inestimable. C’est quand même un de mes rêves qu’il m’a permis de réaliser et je préfère conserver les bons souvenirs de cette collaboration. La nouvelle version du livre se porte très bien. Je le fais distribuer par des particuliers et certaines librairies.

– Une Africaine A Paris : Vous avez toujours vécu en Côte d’ivoire mais j’aimerais connaitre votre avis sur le choix de faire ses études dans les pays occidentaux (France, UK, USA… etc.)? Aviez-vous souhaité un jour en faire de même ? Trouvez-vous cela encore pertinent de nos jours étant donné l’actualité internationale (crise économique en occident, taux de croissance à 2 chiffres des pays africains, multiplications des cours en e-learning et des MOOC) ?

– Yehni Djidji : Il y a eu un moment de ma vie où je rêvais de faire des études à l’étranger et où j’enviais ceux qui en avaient l’occasion. Cette époque est révolue. Même si je ne refuserais pas une telle offre aujourd’hui, ce n’est pas une obsession non plus.

Je suis ce que je suis aujourd’hui sans avoir eu besoin d’étudier en occident. Je pense cependant qu’étudier à l’étranger n’apporte pas uniquement qu’une éducation académique. Le fait d’être confronté à d’autres cultures, de se débrouiller seul, loin des parents, sont aussi des choses que l’on peut capitaliser.

Voyager ouvre l’esprit et pour cela je trouve pertinent la démarche, si les moyens le permettent. A défaut, il n’y a pas de complexes à avoir.

– Une Africaine A Paris : Après leurs études à l’étranger, bon nombre d’Africains préfèrent rester travailler dans leurs pays d’accueil (France, USA, Canada) plutôt que de retourner dans leur pays d’origine. 

En général, c’est par crainte de ne pas trouver un emploi bien rémunéré et/ou de ne plus être en phase avec certains aspects du monde professionnel en Afrique (Sites web de recrutement peu ou mal développés, retards aux rendez-vous de travail, droit de cuissage ou pistonnage, jalousie liée aux salaires ou au grades élevés attribués à ceux qui viennent de l’étranger).

Quel est votre avis sur la question?

– Yehni Djidji : Il est dans la nature de l’Homme de vouloir être heureux. Si travailler à l’étranger fait leur affaire, tant mieux. Je pense qu’on ne doit pas rentrer en Afrique pour rentrer. On devrait rentrer, je suppose, parce qu’on estime que les conditions sont réunies pour pouvoir se réaliser et contribuer ainsi à une échelle plus large à développer son pays. On ne revient pas en martyr près à sacrifier son bonheur.

Par contre, je conseille à ceux qui n’ont pas pu avoir de travail malgré leurs recherches de rentrer. Tout n’est pas que droit de « cuissage », rémunération faible, etc. A défaut, l’entrepreneuriat peut être une alternative.

Interview de Yehni dans le cadre du concours d’entrepreneuriat en Afrique « GET STARTED »  

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– Une Africaine A Paris : En bonne Africaine qui se respecte, je ne peux pas vous quitter sans m’affairer/ kpakpatoyer sur votre vie personnelle. Je vous propose donc de nous laisser vous découvrir sur le plan personnel en 5 questions toutes simples. Rassurez-vous, rien de méchant. Vous pouvez y répondre brièvement ou nous donnez des détails (l’affairage n’en sera que meilleur J), voulez-vous ?

– Yehni Djidji : Okay.

  • Le matin au réveil, quelle est la première chose que vous faites ?

Vérifier si mon fils dort bien.

  • Je sais que vous êtes jeune mariée et jeune maman d’un petit garçon. Comment c’est, d’être mariée et maman ?

C’est beaucoup de joie et de travail.

  • De toutes tes réalisations, quelle est celle dont vous êtes la plus fière ?

Mon fils.

  • Quelle est votre leitmotiv dans la vie ?

 Prier comme si tout dépendait de Dieu et travailler comme si tout dépendait de moi.

  • Comment et où vous imaginez-vous dans 20 ans ?

Heureuse et comblée. Peu importe le lieu.

– Une Africaine à Paris : Merci encore d’avoir accepté de répondre à mes questions.

– Yehni Djidji : Merci à vous.separateur

Le 1er roman de Yehni Djidji, intitulé « Une passion interrompue » est disponible à la vente dans toute la France au prix de prix de 5 EUROS. 

Pour toute commande, merci d’adresser un mail à :

– soit à : uneafricaineaparis@gmail.com
– soit par messagerie Facebook à : https://www.facebook.com/uneivoaparis

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