Comment tuer ce qui « tue-l’amour » ?

Tout a commencé à la lecture d’un article vantant l’importance dans une relation de couple, que Madame puisse péter en présence de Monsieur. Oui oui, vous m’avez bien lu : péter, lâcher une caisse, laisser s’échapper ce fameux « gaz intestinal avec bruit, par l’anus » (définition extraite du dictionnaire « Le Larousse », moi j’aurais précisé « gaz nauséabond » quelque part dans la phrase – BIG LOL😂). 
Pour ceux qui souhaitent lire l’article complet, il est disponible ici : http://www.feroce.co/4-raisons-de-peter-en-couple/?ref=video).

Après une grosse vague de rires, j’ai trouvé finalement que sous cette couche d’humour, se cachaient des questions un peu plus sérieuses du genre :

- Péter : gaz "tue-l'amour" ou gaz "raviveur de flamme"?
- Une relation de couple durable implique-t-elle forcément  
d'accepter l'autre au-delà de ce que nous sommes capables? 
- Doit-on tout accepter, même son totem, au nom de l'Amour ? 
- Est-ce parce que les personnes célibataires, séparées 
ou divorcées n'ont pas su accepter "leurs inacceptables" 
qu'ils sont seuls aujourd'hui ? 

J’ai eu envie de creuser un peu plus de sujet. Savoir à quels sacrifices les personnes en couples acceptaient de consentir au jour le jour, pour préserver leur union. Voici quelques témoignages.

– Femme, la trentaine, en couple depuis 7ans (dont 2 ans de mariage) 

Ce qui m’énerve le plus, c’est de constater que malgré nos niveaux d’étude élevés, il garde une certaine vision du couple à l’Africaine. Par exemple, malgré le fait qu’on ait les mêmes contraintes professionnelles et que nous vivions en occident (donc pas d’aide), c’est encore et toujours moi qui doit me charger de la cuisine, des enfants, du ménage, etc. Autre exemple : la belle-famille, qui pèse beaucoup sur nous au niveau moral et financier.
Mais je tiens parce qu’on s’aime et que je me concentre sur notre projet commun, notre mariage, nos enfants, ses marques d’attention et je parle. Oui, je sais que je peux lui parler quand j’atteins mes limites. On discute beaucoup donc même si la situation ne change pas, j’ai au moins parfois l’impression d’être comprise. Et quand ce n’est pas le cas, j’essaie de prendre sur moi et de me proteger autant que possible pour que ca ne m’affecte pas trop, quitte à faire la grève du lit pr manifester mon mécontentement (rires). Mais il ne faut pas faire la grève trop longtemps hein (rires).

– Homme, la trentaine, en couple depuis 13 ans (dont 7 ans de mariage)

Ce qui m’énerve le plus, c’est de se prendre la tête sur des détails, et revenir sur ces détails qui fâchent au lieu de se préoccuper de ce qui est important et primordial à réaliser pour faire du bien à l’autre. Mais ce qui m’aide à tenir, c’est de me rappeler :
– que nous ne sommes pas seuls dans ce cas.
– que cela ne signifie pas que nous ne nous aimons pas ou plus car nos divergences ne sont pas une absence d’amour, c’est plus une épreuve du temps qui passe. 
– Et que j’aime ma femme car malgré tout, quand nous sommes en froid, je ressens davantage son absence, je me sens moins cheri, moins écouté qu’auparavant.

– Femme, septuagénaire, en couple depuis près de 40 ans (dont près de 40 ans de mariage)

Ce qui m’énerve le plus chez mon conjoint, c’est qu’il ne m’aide pas dans les tâches domestiques. Mais je me dis qu’il reproduit ce qu’il connait en Afrique, et j’essaie d’accepter mon conjoint tel qu’il est.

– Femme, la trentaine, en couple depuis près de 8 ans 

Ce qui m’énerve le plus chez mon conjoint, c’est qu’il met beaucoup de temps avant de prendre des décisions alors que moi je suis quelqu’un de très réactif. Autre chose, j’ai l’impression que nous ne sommes pas du même monde, parfois en public il raconte une blague et personne ne ris-t, on ne le comprend pas, parfois vraiment ça me tue ! (BIG LOL). Mais d’un autre côté, par ses actes (et pas uniquement du blabla), il m’a prouvé et continue de me prouver que je peux compter sur lui, et que moi et nos enfants sommes sa priorité. 

J’aurais bien aimé interroger des personnes célibataires pour témoigner aussi des sacrifices auxquels ils avaient eux par contre, refusé de consentir, pour la perennité de leur couple. Mais on en finirait plus. Ce que je retiens de tous ces témoignages, c’est que pour certains, ces sacrifices ne paraissent pas vraiment en être alors que pour d’autres, cela pourrait littéralement leur donner une crise cardiaque ! C’est sûrement parce que ce que peut supporter Pierre sera une cause de rupture pour Paul ou juste un motif de dispute pour Jack, tout est relatif (à notre caractère, notre éducation, notre sexe, notre âge, notre milieu social et à l’amour qu’on ressent…). 
Au final, aussi vrai que tout est relatif, il ne faut avoir de cesse de toujours relativiser, et se concentrer sur l’essentiel… qui comme disait Saint Exupéry : « est invisible avec les yeux, car on ne voit qu’avec le coeur ».
Et vous, qu’est-ce qui vous énerve le plus chez votre conjoint et à quoi vous raccrochez-vous pour pouvoir le supporter et ne pas faire tout péter ? 🙂
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2 réflexions sur “Comment tuer ce qui « tue-l’amour » ?

  1. Stella dit :

    Pour ma part, de part l’éducation reçue c’est moi qui m’occupe du ménage de la cuisine des enfants etc. je suis une femme active (j’ai un profond respect pour les femmes au foyer).
    Forcée de constater que quand Monsieur s’occupe des enfants je suis toujours très touchée car il a ce lien particulier avec sa progéniture.
    Concernant le reste ,il a un vrai baobab dans la main étant de base maniaque je passe mon temps à décaper l’appartement lol à la descente du boulot.
    Ce qui est dur en Occident parfois cest qu’une fois le boulot terminé tout t’attend à la maison pas de domestique ni de famille pour t’aider mais on rend grâce à Dieu.

    Après je pousse le débat un peu plus loin est -ce-que nous femmes on laisse nos hommes faire un peu sans dire que c’est mal fait…

    • Une Africaine A Paris dit :

      Ah ah ah là Rama tu as soulevé un vrai point ! Nous avons ce souci du détail alors que la plupart des hommes voient la globalité. Et au lieu de les encourager, des fois on pourrait inconsciemment les dégouter lorsqu’on se focalise sur ce qu’ils n’ont pas bien fait au lieu de louer ce qu’ils ont fait. Comme on dit : Rome ne s’est pas faite en un jour. Si culturellement ils n’ont pas été habitués à participer à l’entretien de la maison, peut être devrions nous essayer d’être un peu indulgentes avec eux tout en les encourageant à poursuivre dans la bonne voie. 😉

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