Un matin pas comme les autres – Partie 2/4 : Oh iPhone, mon bel iPhone !


agent de securite« C’est quelle nouvelle disposition ça? Ce n’est pas croyable ! Les blancs-là ont compris que le vrai bagage de la femme black est son sac à main ! LOL ! Quand je pense à ma copine Haoua qui me conseillait carrément de remplacer mon sac à main par un petit sac de voyage afin de pouvoir le remplir avec un maximum de bagages…

Le plus énervant c’est qu’ils n’ont pas été foutus de nous informer sur cette nouvelle limitation de bagage au moment de l’achat du billet d’avion sur internet.

Maintenant que je suis à l’aéroport sans accompagnateur, à qui vais-je bien pouvoir remettre les affaires que j’ai en surplus ? » Pensai-je intérieurement tandis que la colère se lisait sur mon visage.

Non loin du guichet d’enregistrement, une femme Agent de sécurité de l’aéroport suivait la scène. Je me dirige vers elle pour savoir où trouver le pèse-bagage le plus proche. C’est une noire. A son accent prononcé, je comprends que c’est une sœur ivoirienne, on sympathise.  Elle s’appelle Rolande. Elle m’indique le pèse-bagage le plus proche et m’aide à faire le tri entre les bagages importants que je vais garder et ceux qui m’encombrent et pèsent pour rien.

En y regardant de plus près, j’avais quand même abusé! J’avais pris 16 pots de yaourt aux fruits taille fine 0% de sucres pour ma chère maman qui ne doit pas manger trop sucré.

–       « Non mais allô quoi ! Vous me recevez ? » Me chuchotai-je en riant.

–       « ma chérie tu peux trouver ça au pays, ça sert à rien d’en ramener » me signale Rolande.

Tandis que je les enlève de ma valise, avec Rolande à mes côté, suis morte de rire et de honte ! Franchement… nous les africains là hein…LOL !

Ensuite je retire les 3 grosses boîtes de graine Trofai.

–       « Hé ma sœur, tu es grave dêh ! Graine là, ça pousse justement en Côte d’ivoire et c’est même la saison actuellement. » me sort Rolande.

–       « Oui je sais que la graine de palme pousse au pays, mais tu sais là-bas, il n’y a pas graine de palme en boite de conserve prêt à cuisiner comme Trofai ou Ghana fresh LOL c’est ce que je voulais leur montrer » lui-répondis-je en éclatant de rire.

Petit à petit, toute dégoutée, je retire tous les bagages ayant le moins de valeur. Je jette les pots de yaourt qui ne peuvent rester à l’air ambiant trop longtemps et je donne tout le reste à Rolande qui rentrera chez elle le soir vers 19h. Aujourd’hui, c’est Noel pour elle, avec tout ce qu’elle vient de gagner gratuitement !

Quand j’y pense, tous les jours, il y a probablement des voyageurs qui comme moi sont surement obligés de jeter leurs surplus de bagages. Si vous avez du temps et que vous passez par l’aéroport CDG, faites le tour des poubelles, il y a surement des cadeaux à gagner. C’est le personnel de l’aéroport qui s’enjaille.

Je finis de ranger mes bagages puis me dirige à nouveau vers le guichet d’enregistrement. Cette fois, tous les bagages respectent les limites, OUF ! Voici une chose de faite !

Je vais alors voir Rolande pour la remercier. Cette dernière m’explique qu’il y a une vieille femme ivoirienne qui va prendre le même avion que moi, et qui voyagera seule alors qu’elle ne s’exprime pas très bien français. Elle me demande si j’accepterais prendre en charge cette femme, c’est-à-dire l’aider à lui expliquer ce qu’il faut faire puisqu’elle ne comprends pas bien français.  Je pense à ma propre mère et j’accepte sans hésiter. Elle me conduit alors vers la vieille et les deux femmes qui l’accompagnaient.

–       « Voici la jeune femme dont je vous ai parlé. Elle va aussi à Abidjan et elle a accepté d’accompagner la vieille » adresse Rolande aux femmes.

–       « Bonjour  Maman » adressai-je à l’attention de la veille, qui se levait déjà pour me serrer la main.

–       « Ah ma fille, Ayoka ! Trinani ? » (Ah ma fille, comment ça va ? Comment tu t’appelles ?) me dit la vieille.

–       « Bonjour Mademoiselle. Vraiment merci beaucoup » ajouta une des deux accompagnatrices.  « C’est notre maman, elle s’appelle Georgette et vit ici avec nous. Elle a tous ses papiers, ils sont rangés dans la pochette verte qui est dans son sac à main. Son passeport a expiré depuis 2 mois mais nous nous sommes renseignés et on nous a assuré qu’avec une attestation d’identité et son titre de séjour est valide, elle peut voyager. »

–       « Pas de problème. C’est notre maman à nous tous, je ferai mon possible pour l’aider. »

–       « C’est vraiment gentil de votre part. Est-ce que nous pouvons échanger nos numéros de téléphone afin de garder le contact ? » me demande la seconde accompagnatrice.

–       « Bien sûr ! Mon numéro est le 06…» lui répondis-je tout en cherchant mon iPhone dans mon sac à main afin de pouvoir noter leurs numéros.

Je cherche, je cherche mais aucune trace de mon cher iPhone !  Je l’avais pourtant dans les mains quand je suis allée peser mes bagages ! Oh my GOD ! Les pickpockets sont partout oh, peut-être qu’en pesant ma valise, je l’ai posé à côté et que quelqu’un me l’a volé en douce. Seigneur, pourtant il n’y avait que Rolande à côté…

« Excusez-moi mais je ne retrouve pas mon téléphone. J’arrive ! » criai-je à ces dames en me hâtant vers la poubelle où j’avais jeté les yaourts. Me voilà en train de fouiller une poubelle dans l’aéroport CDG. Je m’en foutais royalement, je ne pensais qu’à retrouver mon compagnon de tous les jours, celui qui réunit à lui tout seul mon réveil, ma montre, mon agenda, mon ordinateur, mon Walkman, mon appareil photo et vidéo, mon GPS… Bref tout mon monde (lol).

Résultat : Pas de iPhone dans la poubelle, ni près du pèse-bagage, ni du côté du guichet d’enregistrement. En un instant, j’étais coupée du monde, je n’avais plus de moyens d’être contactée ou de joindre quelqu’un.

Rolande vint aux nouvelles. Elle avait fouillé dans le paquet que je lui avais donné (de graine en conserve et autres) mais pas de iPhone. Intérieurement je la soupçonnais de me l’avoir subtilisé dans un moment d’inattention. Je lui empruntai son téléphone pour appeler le mien. Ça sonnait 4 fois puis répondeur. J’ai essayé au moins 20 fois mais c’était pareil. 
J’étais triste.

Pour me réconforter, Rolande (que je pensais de plus en plus coupable même si je n’avais aucune preuves) me dit que si ça sonnait encore, c’est qu’il y avait de l’espoir car les pickpockets eux ils éteignent carrément les portables qu’ils volent, pour éviter d’être pistés.

Elle émit aussi l’hypothèse que j’avais peut être laissé mon téléphone dans ma valise et oublié de le récupérer avant de la fermer. Seulement il n’était plus possible de récupérer des bagages qui avaient été déjà enregistrés et partis pour la soute.
 Il ne me restait donc plus qu’à attendre le décollage dans 1heure puis les 6h30 de vol jusqu’à Abidjan avant de pouvoir fouiller mes valises!

Quelle galère! Intérieurement, la même petite voix me dit que les problèmes n’étaient pas terminés…

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